La VOD : une opportunité pour l’exportation du cinéma français ? (INAGlobal)

daniel-bruhl (1)

Alors que la fréquentation des films français à l’international atteint des records, la VOD permet aux films de l’hexagone de briller à l’étranger, notamment aux États-Unis. 

140 millions d’entrées : c’est le chiffre record de la fréquentation des films français à l’étranger en 2012, bien supérieur au record de 84,2 millions d’entrées établi en 2008. D’après Unifrance[+] et le Centre national du cinéma (CNC), ce chiffre est en hausse de 88 % par rapport à l’année 2011 et représente 875 millions d’euros de recettes (+100 %). Trois films en particulier concentrent à eux seuls 65 % de la fréquentation internationale : The Artist[+]Les Intouchables[+], et Taken 2[+].Sans surprise, les films d’actions, les thrillers et les films en langue anglaise au casting international restent les plus populaires hors de nos frontières. En ce qui concerne les films aux budgets plus modestes, conçus pour le marché français, ils se vendent en revanche moins et moins chers que les films des grands studios de production.

Mais il n’y a pas que les sorties en salles : la VOD semble en effet être un excellent moyen pour les films français – et pas seulement pour les films à gros budgets – de briller à l’international, et plus particulièrement en Amérique du Nord.
 
À ce titre, l’un des grands succès français VOD de 2012  aux États-Unis est Et si on vivait tous ensemble ? (All Together). Le film a  généré 1 million de dollars –  chiffre particulièrement impressionnant, dans la mesure où les films français dépassent rarement une centaine de milliers de dollars de recettes lors de leur sortie dans les salles américaines.
Proposer ses films en vidéo à la demande aux États-Unis présente deux avantages pour les distributeurs français.
 
Tout d’abord, la chronologie des médias n’est pas soumise aux mêmes règles qu’en France[+]. Certains distributeurs pratiquent « le day-and-date », soit une sortie simultanée : un film peut ainsi être disponible à la VOD, au moment de sa sortie en salles. Ceci permet de proposer une alternative au déplacement des clients jusqu’au cinéma, et d’éviter la fameuse fenêtre entre la sortie d’un film en salles et sa sortie en VOD ou sur un support physique, au cours de laquelle aucune offre légale n’est proposée – et donc de limiter le piratage dont souffrent tout particulièrement les films à petits budgets. De plus, les sorties simultanées sont l’occasion de créer des synergies marketing, et donc de limiter les coûts liés à la promotion du film. Selon Richard Lorber (de la société de distribution Kino Lorber) : « Pour distribuer un film de langue française qui va rapporter entre 50 000 et 500 000 dollars, un distributeur va dépenser entre 150 000 et 500 000 dollars en campagne publicitaire, alors même que ses revenus net ne représentent finalement qu’un tiers des recettes en salles. »
 
Aux États-Unis, la vidéo à la demande représente une option pour l’export du cinéma français, les offres et plateformes étant nombreuses : VOD sur Internet via des poids lourds comme Netflix ou iTunes d’Apple, par des systèmes d’abonnement mensuel[+], le téléchargement définitif[+], ou encore le pay-per-view sur les chaînes télévisées câblées. Le secteur numérique[+] est d’ailleurs en pleine croissance : il représente actuellement près de 30 % de l’activité vidéo américaine. Les revenus générés par la VOD ont plus que doublé dans le courant de l’année 2012 et tirent l’ensemble du marché vidéo américain, ce qui laisse entrevoir de nouvelles possibilités à l’international pour les films français au budget modeste.   
Mais si les offres en matière de films étrangers se diversifient, notamment sur Netflix ou iTunes, il en résulte que la compétition s’intensifie et qu’il devient difficile pour les distributeurs de faire remarquer leurs films soudain noyés dans la masse.

Lien vers INAGlobal :
cf5744388e0c78f641f69256ac22932a
Publicités