For those in peril, un premier film en VoD (Dépêche AFP)

21004981_20130510213948814« For those in peril », premier film poignant d’un jeune réalisateur britannique, est visible jusqu’au 11 février sur internet avant d’être en salles le 12, grâce à une expérimentation européenne.

Actuellement en France, la chronologie des médias française empêche toute sortie d’un film autre qu’en salles pendant quatre mois, avant le DVD et la Vidéo à la demande (VàD). 

Viennent ensuite les fenêtres des chaines cryptées, puis en clair et enfin à 36 mois la vidéo à la demande par abonnement (SVàD).

Mais depuis plusieurs années, des voix s’élèvent chez des réalisateurs, producteurs et distributeurs de « petits » films indépendants pour bousculer les choses. 

Et pourquoi pas sur une plateforme internet, comme vient de l’affirmer le cofondateur du producteur et distributeur Wild Bunch Vincent Maraval, auteur fin 2012 d’une tribune retentissante sur le financement du cinéma français. 

De même, le président de la société des Auteurs, réalisateurs et producteurs (L’ARP) Michel Hazanavicius (« The Artist »), estime qu' »un système d’avant-première sur internet permettrait à certains films de faire un peu mousser la chose » avant leur sortie, en profitant des campagnes de promotion pour les salles.

Pour les exploitants au contraire, la salle doit être sanctuarisée, car c’est elle qui fait la renommée ou pas d’un film sur les autres supports. Sauf « à adapter le système de dérogation existant mais pas utilisé pour l’instant de manière suffisamment satisfaisante », note le délégué général de la Fédération nationale des cinémas de France Marc-Olivier Sebbag à l’AFP.

Pourquoi de telles réflexions? La révolution internet et l’arrivée en Europe de géants comme Netflix, groupe américain de vidéo à la demande, sont passés par là.

Récemment, les rapports Lescure et Bonnell se sont prononcés en faveur d’une évolution de la chronologie des médias avec notamment la possibilité pour quelques films de sortir directement en vidéo sous condition. Les professionnels eux n’ont pas encore tranché.

« For those in peril » bénéficie pour sa sortie en France et quatre autres pays européens du soutien Tide experiment, projet sélectionné par la Commission européenne, dans le but d’améliorer la diffusion des films à l’ère du numérique.

En France, le film de Paul Wright sur l’histoire d’un jeune pêcheur écossais seul rescapé d’un bateau de pêche qui va être marginalisé par les villageois, est disponible depuis le 22 janvier sur trois plateformes VàD: celles de la TV d’Orange, FilmoTV et iTunes. 

Le film sera ensuite distribué à partir du 12 février en salles, l’oeuvre n’étant plus accessible sur internet. 

En Italie, au Portugal, en Pologne et aux Pays-Bas, les sorties cinéma et VàD sont simultanées.

Tide experiment permet aussi aux films choisis une approche marketing et promotionnelle commune comme pour les affiches par exemple, permettant une réduction des coûts de promotion.

François Scippa-Kohn, directeur général de Distrib Films, a accepté l’expérience car « pour beaucoup de petits films — des premiers films ou des films présentés dans des festivals majeurs — on donne la primeur à la salle, on dépense beaucoup d’argent en promotion et on est à la merci des exploitants qui eux doivent remplir leurs salles ». 

Au bout d’une semaine, « on se retrouve très souvent bloqués » par le délai incompressible de quatre mois, sans possibilité d’amortir sur les autres supports pendant ce temps.

Distrib Films a déjà tenté l’expérience avec « Magnifica presenza » cet été. Quelque 22.000 spectateurs ont vu le film en salles et 10% environ en VàD.

Les premiers chiffres VàD de « For those in peril » sont « décevants » selon M. Schippa-Kohn mais le « film n’est pas attendu ».

« Le jour où un film comme +La Vie d’Adèle+, Palme d’or à Cannes, souhaite faire une expérience en VàD cela marchera sur tous les supports, même si la VàD est avant la salle », relève-t-il.

La déléguée générale de L’ARP Florence Gastaud assure à l’AFP que « les salles qui ont fait l’expérience veulent continuer à le faire ».

« On se rend compte que plus il y a d’entrées en salles, plus il y a d’entrées en VàD. Il n’y a pas de cannibalisation entre les deux ». 

Dépêche Afp du 4 février 2012

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